La publication samedi dans les colonnes de nos confrères d'Aujourd'hui en France d'une étude sur les risques liés à la téléphonie mobile n'est pas de nature à rassurer. Et, selon un membre du Criirem (Centre de recherches et d'informations indépendantes sur les rayonnements électro-magnétiques non-ionisants) présidé par Michèle Rivasi, le risque est bel et bien présent.
«Il y a des appareils autour de nous qui émettent des rayonnements pulsés. Ces rayonnements ont un effet sur les cellules du vivant. Certaines études le montrent, d'autres non. Mais cela signifie au moins une chose. Le risque existe. À ce titre, il y a deux écoles. Ceux qui pensent qu'il faut appliquer un principe de précaution et ceux qui pensent le contraire.»
Et toujours selon ce spécialiste du Criirem, les opérateurs à l'heure actuelle jouent sur les mots. «Il y a des publications qui traitent de phénomènes répliqués en laboratoire et selon lesquelles les rayonnements électro-magnétiques ont un effet biologique. Mais certains jouent sur les mots en disant qu'un effet biologique n'a pas forcément un effet sanitaire. L'organisation mondiale de la santé (OMS) n'a pas révisé sa position et dit pour l'instant qu'il n'existe pas de risques pour la santé. Cela va à l'inverse de certaines études référencées sur son site.» Mais qu'en est-il vraiment des antennes de téléphonie mobile? Présentent-elles un risque pour la santé et si oui lequel?
«Un scientifique belge a compté les études traitant exclusivement des antennes-relais. Il en a dénombré 10. Huit concluent à des effets sur les riverains pouvant aller des troubles du sommeil, à l'irritabilité en passant par les tumeurs. Éloigner les antennes-relais des lieux sensibles est une fausse bonne idée. Plus l'antenne sera éloignée, plus son rayonnement sera fort. La meilleure solution serait d'avoir une multitude de petits émetteurs à faibles rayonnements. Mais ce sera coûteux pour les opérateurs.»
Quant au discours des opérateurs qui tend à rassurer la population, ce membre de la Criirem le relativise. «C'est de bon aloi. Pour faire un parallèle, je n'ai jamais entendu des marchands d'armes dire du mal de leurs produits. Plus sérieusement, l'étude sur les tomates soumises à des rayonnements montre qu'elles secrétaient une protéine de stress équivalent à un signal de douleur... C'est une réalité. Ces technologies sont mauvaises pour le vivant. Et nous sommes, malgré nous, les cobayes d'une expérience de grande ampleur dont nous ignorons les conséquences.»
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REPÈRES
LE CRIIREM PRÉSIDÉ PAR MICHÈLE RIVASI
Le bureau du Criirem réunit des scientifiques, experts des pollutions de l'environnement. La présidente est la Drômoise Michèle Rivasi.
b[ANTENNES-RELAIS]
Selon une étude du professeur Hans Peter Hutter, les données recueillies en Autriche, au domicile de 336 personnes choisies au hasard montrent que des symptômes subjectifs comme les migraines, les troubles de la concentration ou la sensation de froid aux extrémités du corps peuvent être associés aux niveaux d'exposition les plus élevés aux champs micro-ondes émis par les antennes relais installées à proximité. (Source Criirem).
HARO SUR LE WIFI
Toujours selon le Criirem, le gouvernement allemand déconseille l'utilisation du Wifi dans le cadre de la famille.
source :
http://www.ledauphine.com/index.jspz?article=9886
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À ROMANS ET À MONTÉLIMAR
Romans: une réglementation renforcée ?
Dès 2005, la ville de Romans a décidé d'en encadrer plus strictement l'installation. En exigeant notamment des opérateurs qu'ils assortissent leurs dossiers d'un certain nombre d'engagements. Depuis, des mesures de champs électromagnétiques ont même été menées, réalisées par un bureau de contrôle indépendant... Des résultats inférieurs aux normes d'exposition que l'on peut d'ailleurs consulter auprès du service communal d'hygiène et de santé.
À l'automne dernier, un opérateur - SFR - a cependant dû retirer son antenne-relais implantée sur un immeuble du centre-ville suite à une décision des copropriétaires dont certains se plaignaient de maux de tête !
À Bourg-de-Péage, une antenne installée aux abords d'un groupe scolaire a été déplacée l'an dernier, après plusieurs mois d'une longue procédure, initiée par un collectif relayé par la municipalité.
Montélimar : nouvelles antennes en installation
Le conseil municipal de Montélimar a voté, il y a quelques semaines, l'installation de trois antennes relais SFR sur le toit d'un immeuble HLM. Elles s'ajouteront aux deux déjà posées par Bouygues. Dans cette tour, les habitants sont partagés sur le risque. La direction de l'office montilien de l'habitat (OMH) a validé le projet lors d'un conseil d'administration en accord avec les représentants des locataires. Et un rapport de l'organisation mondiale de la santé (OMS), fourni par SFR, qui démontre qu'il est plus néfaste «d'avoir un portable collé à l'oreille que de vivre sous une antenne» a été apporté au dossier. Reste une vérité économique, qu'Ahmed Diaf le directeur de l'OMH reconnaît sans détour : «C'est aussi une source de revenus pour le bailleur. Nous avons négocié un contrat annuel avec l'opérateur». Les sommes ne sont pas exceptionnelles. Il s'agirait de quelques milliers d'euros. Trois autres immeubles sont concernés par les antennes relais à Montélimar, l'un d'eux appartient aussi à l'OMH et se trouve dans le quartier du Plan. Un ensemble privé situé en plein centre-ville est aussi équipé de même que le bâtiment des services techniques de la ville.
M.S-G. et S.D.
source :
http://www.ledauphine.com/index.jspz?article=9888