Aujourd'hui, les défenseurs de l'innocuité de la téléphonie mobile, représentés en France par l'
AFOM *** ne se basent donc plus sur ces avis ni ces rapports mais évoquent les positions de l'Organisation Mondiale de la Santé, dont la partialité en matière de risques technologiques a été largement démontrée. Voir :
DISCREDIT PUBLIC DE L’OMS - Note de Robin des Toits (2007).
Le 16/06/2008, au lendemain de
l'appel des 20 sur les dangers du portable, l'
AFFSET se fend d'une communication (voir pièce jointe) dans la quelle elle se félicite que des scientifiques reprennent "les recommandations qu’elle formule depuis 2005 en matière de téléphonie mobile".
Cependant, son directeur scientifique Olivier Merckel, interrogé fréquemment dans les médias depuis cet appel, notamment à l'occasion d'une
plainte portée au pénal par des riverains d'antennes-relais à Chevreuse (18/09/2008) continue de défendre la thèse de l'innocuité sanitaire et prétend :
"Il n'y a absolument aucun risque pour la santé à utiliser un téléphone portable. Cela est tout à fait clair. Sauf, peut-être pour les utilisateurs intensifs depuis plus de dix ans" (voir :
NT1 - Reporters : 'Faut-il avoir peur des ondes ?' - 09/09/2008 )
Martine Hours, qui est coordinatrice du programme Interphone pour la France, a également été experte puis présidente d'un groupe d'expert de l'AFSSE / AFSSET en matière de téléphonie mobile. Les rapports de l'Agence française concluent à l'absence de danger mesurable et à un risque modéré justifiant de «mesures d' évitement prudent ».
Martine Hours est également présidente du Conseil scientifique de la
Fondation Santé Radiofréquence. Dont Arnaud Mickel (de l'Afsset) est membre du conseil d'administration.
Cette fondation, qui représente la recherche officielle en France et a déclarée d'intérêt public en 2005, est co-financée par les industriels des télécom. Elle prétend cependant garder son indépendance grâce au fait que ces travaux sont suivis par un conseil scientifique distinct du conseil d'administration.
Mais les membres fondateurs siégeant au conseil d'administration sont les industriels eux-même : TDF, Bouygues, Alcatel, Orange et SFR (...) et l'assemblée de ce conseil des membres fondateurs
"nomme les membres du collège des fondateurs au Conseil d’administration" (extrait de l'article 3-4 des statuts de la fondation).
Les statuts de la fondation prévoient, eux, que
"le conseil d’administration gère la Fondation conformément à son objet. Notamment : (...) définit les modalités des appels à projets et approuve, sur la base des recommandations émises par le conseil scientifique, leur contenu ; (...) adopte et modifie sur proposition du bureau le règlement intérieur ; (...)".
Quant au règlement intérieur, il précise :
"En fonction des jalons éventuellement établis à la signature des conventions de financement, le Président du Comité de Sélection assurera le suivi et l’évaluation finale des projets. Pour cela, des réajustements au projet avec les porteurs de projet seront organisées en tant que de besoin. (...)". (Voir fichier en pièce-jointe).
Facile de comprendre comment les études financées par la Fondation Santé Radiofréquence concluent à un risque sanitaire incertain, permettant de justifier le
décret du 03 mai 2002 et les normes de l'ICNIRP, basées sur les effets'thermiques' et à court terme des champs électromagnétiques.
A l'appui de cette analyse, voici trois études sur le lien entre l'industrie et la recherche qui démontrent que les conclusions scientifiques sur les effets sanitaires de la téléphonie mobile sont fonction de la source de financement :
-
'Source de Financement et Résultats des Études sur les Effets sur la Santé de l'Utilisation du Téléphone portable' : Huss A & al. - 2007
-
'Liens secrets avec l'industrie et conflits d'intérêts dans la recherche sur le cancer' - Hardell et al. - 2006
-
'Le Culte des Résultats Négatifs' - Dr Louis Slesin - Juillet 2006
Par ailleurs, siégeant au sein du conseil d'administration de la FSR en tant que "personnalités qualifiées", on trouve notamment :
- Monsieur François GREMY de l'Académie nationale de médecine
- Monsieur Arnaud MIQUEL, Président du Conseil d’Administration de l’ANFR.
Arnaud Miquel défend l'innocuité des antennes-relais en comparant leur impact biologique à celui des rasoirs électriques et des sèches cheveux. Voir ce débat télévisé :
Direct 8 : Débat 'Touche Pas Ma Planète' - 'Téléphone portables, antennes relais... Mauvaises ondes ?' - 28/02/2006
Quant à l'Académie de médecine, rappelons qu'elle a rendu en 1996 un rapport minimisant les risques de l'amiante eu égard au tabagisme et proposait de préférer dans certaines conditions des coffrages aux déflocages systématiques. C'est elle également qui a récemment mis publiquement en doute la bonne foi et des scientifiques cosignataires de l'
appel des vingt (voir plus haut).
-- --
Au sujet des normes... "énormes" :
-
Téléphones cellulaires, radars et santé : 'les normes d'exposition aux rayonnement électromagnétiques ne sont pas réalistes' - août 2002
-
Dr Roger Santini : 'Arguments en faveur de l'application du principe de précaution à l'encontre des stations relais de téléphonie mobile' - audition au Sénat - 06/03/2002
-
Dr Neil Cherry : 'Critique de l’évaluation pour la santé figurant dans les directives de l’ICNIRP pour les fréquences radio et les micro-ondes' - 01/05/2000
-
Prof. Dr. Adlkofer - coordonnateur de l'étude REFLEX de l'OMS, met en cause la partialité de l'ICNIRP... (20/12/2005)
-
Dr Magda Havas : Examen critique des rapports officiels américains concernant les effets biologiques des CEM (2000)
-
Extrêmement basses fréquences (ELF) - Commentaires sur le rapport à la DGS d'un groupe d'experts - 21/05/2005
-
La compatibilité électromagnétique : directive européenne 89/336/CEE ayant valeur légale en France (limite de 3V/m)
---
Au sujet du discrédit de l'expertise de l'AFSSE / AFSET :
-
'Téléphonie mobile - Ondes troubles' - Que Choisir - 16/09/2006
-
'Un bien curieux rapport officiel' - Le Parisien 17/04/2003
-
Experts écartés, résultats relativisés : conditions de l’expertise et principe de précaution - au sujet du rapport de l'AFSSE 2003
-
Denis Zmirou , 'Pourquoi j'ai démissionné de l'Agence française de sécurité sanitaire environnementale (AFSSE)' - Le Monde, 10/06/2005
-
Réactions des scientifiques du CSIF/CEM au rapport de l'AFSSE - 24/04/2003
A télécharger, ci-dessous (en pièces-jointes), les deux rapports de l'AFSSE / AFSSET (2003 et 2005) * mis en cause par l'IGAS / IGE ** en 2005 (publication en 2006)
NB : voir
Un rapport de l'IGAS et de l'IGE met en cause l'indépendance des experts de l'AFSSE - 2006
(*) Agence Française de Sécurité Sanitaire et de l'Environnement (AFSSE) devenue en 2005 l'Agence Française de Sécurité Sanitaire, de l'Environnement et du Travail (AFSSET)
(**) Inspection Générale des Affaires Sociales / Inspection Générale de l'Environnement
(***) Association Française des Opérateurs Mobiles
---
Ci-dessous, les 2 avis et les deux rapports de l'AFFSE / AFFSET (2003 et 2005) ainsi que le dossier Fondation Santé Radiofréquences comprenant les statuts, la charte d'éthique, le règlement intérieur ainsi que les compositions des conseils scientifiques et d'administration.