La voix de Robin | Décodeur Robin | 05/04/20245G : Quand TF1 désinforme et participe à la fabrique du doute (05/04/2024)

Le décodeur de Robin des Toits vous offre une petite analyse écrite à propos du journal de 13h de TF1



Le décodeur de Robin des Toits vous offre une petite analyse écrite à propos du journal de 13h de TF1 (Bouygues, opérateur de téléphonie mobile, est actionnaire majoritaire de TF1) du jeudi 7 mars 2024 sur les antennes camouflées sur les toits de Lyon.

Effectivement, nous avons là une pépite, qui pourra valoir à la journaliste la distinction de "l'employée du mois".
 
Quand la journaliste de TF1 annonce fièrement :
"Sauriez-vous reconnaître une vraie cheminée d'une fausse ? Elles se ressemblent comme deux gouttes d'eau ! A un détail près : vous ne verrez jamais de fumées s'en échapper!" (nous prendrait-elle pour des demeurés ?)
Pour la Fédération Française des Télécoms (FFT) ces cheminées sont là pour "s'intégrer au mieux dans un quartier historique". Le patrimoine, c'est très important...et l'humain?
 
Un passant précise : "Ce serait mieux que ce soit à la vue de tous, pour que tout le monde puisse être au courant, afin que l'on se renseigne sur ce que cela peut impliquer".
 
Et là effectivement, on rejoint la logique de la convention d'Aarhus (loi 2002-285), qui indique que «Toute personne a le droit d’être informée, de s’impliquer dans les décisions et d’exercer des recours en matière d’environnement», et que la France ne respecte pas, en toute impunité.

Nos élus locaux sont donc hors la loi : il faudrait leur dire qu'une réunion publique, ce n'est pas servir la soupe de l'opérateur. Une réunion publique, c'est délivrer une information loyale, indépendante et sourcée avec rigueur. Démocratie et Technolatrie sont incompatibles, surtout lorsque le niveau scolaire s'effondre, au point que des générations sont désormais incapables de comprendre un vulgaire mode d'emploi!!! Dés lors, comment prétendre maîtriser la complexité technologique actuelle?
 
Et Romain Bonenfant (Directeur Général de la FFT) précise que:  "C'est purement esthétique, afin que ces antennes soient le moins apparentes possible et ne dégradent pas le paysage".
Maintenant, nous savons où sont les priorités : d'abord le paysage, et peut être un jour la Santé Publique... si on a le temps!
Ne nous inquiétons surtout pas inutilement : la peur, c'est juste pour les épidémies qui ne touchent que les populations des pays industrialisés ou bien pour les redoutables punaises de lit ou encore, pour le grand chambardement des normales saisonnières.
 
"Depuis 1 mois, près de 400 antennes 5G ont été installées dans les 9 arrondissements de Lyon."
En fait, quelqu'un s'est-il posé la question de ce que représentait la pose de 60 antennes (20 x 3 azimuts) 5G par jour ouvrable sur une même ville? 
La logistique que cela représente?
Les installateurs, sans combinaison protectrices (cage de Faraday), qui fixent des antennes 5G sur des pylônes où les antennes 3G et 4G, déjà présentes, continuent de fonctionner, car il n'a pas été possible de les éteindre et que l'on doit installer à marche forcée?
C'est pour cela que les opérateurs sous-traitent ces campagnes d'installation: pour eux, ces hommes-là sont du consommable. C'est pareil pour les maintenances en zones fortement irradiées dans le nucléaire: on sous-traite à fond avec de la "chair à rayons".

 
Puis, un militant de Ly'Ondes explique le doublement du niveau d'exposition en 3 ans au même endroit - durée de la mise en garde 20 secondes pour un total complaisant de 2 minutes - l'alerte porte ainsi sur 16% de ce documentaire, on a le sens de l'équilibre chez TF1. Cela passe donc inaperçu...
 
Pourtant, des gens bien habillés, bien diplômés et surtout bien payés nous avaient soutenu à la TV, juré craché, que la 5G permettrait d'abaisser le niveau d'exposition électromagnétique! Et en plus, celui qui vient porter la contradiction est un militant. Assistance à personne en danger, il faut désormais le savoir, c'est "militer"...
 
 Mais la journaliste reprend son investigation au rabais : "Cela présente-t-il des dangers pour la santé ? Il n'existe à ce jour aucune preuve de la nocivité des ondes selon l'ANSES ".

Et les preuves de l'innocuité, elles ont où?
Et si on inversait la charge de la preuve ? Ce serait rigolo, pour voir...non?
Et si on conditionnait l'autorisation du déploiement technologique à la présentation de la preuve irréfutable de l'innocuité, par une entité compétente mais sans aucun lien d'intérêt avec l'industriel?

Cassons l'ambiance: 
"Les opérateurs indiquent que les normes sont respectées à la lettre.". Mais ne nous enflammons pas, notre exposition débridée aux ondes n’est surement pas aussi grave pour les agences de santé que les quelques intoxications alimentaires ayant entrainé la fermeture d’usines de Pizzas !?


Et la journaliste, très bonne élève, oublie de préciser que ce respect est bien logique, puisque les normes ont été dictées par ces mêmes opérateurs en 2002.

Souvenez vous l'édition rocambolesque du décret 2002-775, entre les 2 tours de l'élection présidentielle, avec ensuite la promotion du conseiller aux nouvelles technologies du premier ministre, comme directeur de la stratégie d'Orange. Du pantouflage de luxe! Vérifiez donc, par vous même, sur son CV en ligne sur Wikipédia.
 
Passons sur l'oubli de la mutation des usages et des utilisateurs depuis 2002: le téléphone transformé en ordiphone, souvent collé au corps nuit et jour, le forfait illimité, les utilisateurs très jeunes, la surconsommation avec des applis addictives, etc., qui devrait inciter à revoir une réglementation qui protège surtout ... les opérateurs.

Mais pour réformer radicalement une mascarade, voici un aperçu non exhaustif: https://www.robindestoits.org/attachment/2513437/
 
Et Romain Bonenfant, toujours le même, renchérit benoîtement: "La réglementation en France est particulièrement exigeante et au regard des standards internationaux. Par exemple, on a le même niveau de protection des habitants sur la 5G, que celui appliqué sur la 4G". Nous voilà rassurés !
 
La journaliste reprend alors avec pugnacité : "Plus d'antennes en plein cœur de ville, car selon les opérateurs, la demande des consommateurs est de plus en plus forte en 4G et en 5G."

Évidemment, rien sur la fabrique du consentement, rien sur le conditionnement des idiots utiles à utiliser des solutions de mobilité pour des usages sédentaires et rien sur la gabegie de moyens technologiques pour visionner un film en UltraHD (4K) sur un écran de 12cm de diagonale, rien sur la dérive sectaire qui fait baisser la tête de masses zombifiées.

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Et curieusement, le refrain sur la planète à sauver est oublié dans cette séquence. 

Étrange, non ? Alors, pour rappel, nous vous présentons Aurore Stéphant, qui a des choses à dire sur les besoins en métaux pour ces technologies du bonheur, le tout en 15 min :
https://www.youtube.com/watch?v=7bh3Z78e68Q&t=4s
 
Vraiment, on comprend mieux le classement de Reporters sans Frontières (RSF) de la France (24ème) derrière le Costa Rica, lui-même un modèle de liberté du journalisme.

En reprenant l’expression de Patrick Le Lay, en 2004, alors président-directeur général du groupe TF1, «Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible », n’offrons pas aux mass média notre temps de cerveau disponible : il y a des prédateurs seulement parce qu'il y a des proies.

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